Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 19:31

Sociologue, Docteur en médecine

États-Unis

 

Monsieur,


Je vous ai déjà envoyé une note au sujet de votre article “Réhabiliter le paysan haïtien”. Huit mois après, je vous fais parvenir ma position définitive sur le sujet.


Vous devez savoir qu’après chaque voyage au pays, j’éprouve du mal à me replacer dans ma peau. La migration est-elle la cause de cette longue étourderie?


J’ai laissé Haïti étudiant, pour y revenir vingt ans après. En explorant les matières académiques, arpentant les couloirs universitaires où l’on coudoie tout type de race, j’ai perdu de vue la scène nationale.  Malheureusement, mes voyages sucessives n’ont pas contribué à cette intégration voulue. En un mot, j’ai perdu la notion du temps et la logique des événements. On dirait que mon époque, ce qui me rattache au Temps a cédé.


Je soulève ce point, car la connaissance constitue une forme d’interprétation de la réalité, pour la placer dans son contexte historique, sociale et académique. En outre, notre perception reflète notre niveau de compréhension et d’intérêts pour l’objet observé.


Le savoir exige des exercises mentales, bond imaginaire qui nous place dans le passé où le futur. Mais quand le corps se déplace aussi, l’esprit et lui doivent finalement se rencontre à l’endroit convenu. Soumis au décalage, cette retrouvaille arrive parfois sur des jours  de retard après maintes difficultés.


Je vous parle d’un phénomène intéressant, un double voyage à la suite duquel, l’être disloqué peine à se recouvrer.


Mon voyage est marqué de violence, de déchirement, de contraste, bouraque qui me plonge dans une méditation pathétique.


Pour comprendre ce phénomène, vous devez savoir que le dossier national ne figurait pas dans mon agenda, quand j’ai quitté le pays en 1987. Par la suite, voyant la barque de la nation en dérive, j’y prête mes services, par fierté ou amour-propre. Car, il me serait impossible de gérer la crise morale qui affecte le monde moderne sans prodiguer les premiers soins à ma société; simple question d’éthique dont nos plus grands érudits, semble-t-il, ne sont conscients.


Sur ce point, je crois ma mission nationale achevée, maintenant puis-je me permettre de contribuer à l’évolution de la connaissance, ma vocation initiale?

En 2008, j’ai présenté à Port-au-Prince le Guide de la Réforme haïtienne, suivi d’une conférence de presse.  C’est à la lumière de mes propositions de Réforme générale que je compte commenter votre article.


On ne peut pas adresser le problème de notre paysannerie sans tenir compte de notre gestion politique. Sinon, nos plus grands efforts ne suffiront pas pour nous  éloigner de la problématique haïtienne.


Dans Le Guide de la réforme haïtienne, je propose une réforme agraire. Celle-ci ne se confine pas à la culture, mais prend en compte tout ce qui a trait à la campagne, soit le « relèvement du monde rural ». L’agriculture doit être organisée, des subventions et prêts doit être accordés à ce secteur, en outre le paysan doit être intégré dans la grande famille haïtienne.


Dans notre croyance, la paysannerie est un monde maudit et ceux qui en sort renient souvent  leurs origines. Conscient de ce problème, j’ai pris soin de détacher la campagne des villes. Pour sauver le pays, il faut rendre la “campagne autonome”, avec son économie, ses services en tenant compte de ses besoins sociaux. Mais pour y parvenir, il faut opérer la décentralisation. Cette réforme est impossible sans un programme de décentralisation politique.


La Réforme générale n’est autre qu’une modernisation de l’État, une restructuration bureaucratique. Ainsi, il faut créer des instances ayant pour vocation de gérer le dossier de la paysannerie. Par cette approche, j’ai pu contourner la problématique haïtienne, ce mal qui hante nos intentions.


Comme tant d’autres, vous avez plaidé en faveur de la paysannerie en restant dans la limite de la théorie. Non seulement, vous vous tenez hors de toute forme d’engagement, vous conférez aussi à l’État, cette instance démissionnaire de faire avancer ce dossier.

Au début de ma lettre, perdu dans une interprétation métaphysique de la connaissance, j’ai omis la thèse du conflit. Tous les grands penseurs et créateurs de l’histoire ont milité contre  un système ou une situation générale. Ce qui donne une assise morale à leurs œuvres.


Si notre société souffre d’une absence d’autorité morale, que les clowns rampent dans la sphère stratégique de notre nation, c’est que les nobles citoyens refusent de s’engager dans le processus de transformation et de développement de leur patrie.


L’art est un engagement absolu devant soi et envers la cause. Nous devons cesser de dénoncer pour prendre une part active dans le chantier national.

 

Rony Blain

New York 30 janvier 2012

 

 

 

Par RONY - Communauté : HAÏTI POSSIBLE
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 22:15

Doctorant en linguistique, Chilie

 

Après deux ans, je vous écrits, vous demandant de m’excuser pour ma tardive réponse. Cet inconvénient est dû à plusieurs facteurs. La lettre que je comptais vous envoyer dépassait dix pages et j’éprouvais du mal à la corriger. Savez-vous que la correction d’un texte prend cinq fois plus de temps que la rédaction: chasser les fautes de grammaire et d’orthographe, reformuler les paragraphes, insérer d’autres. Pis encore, je devrais vous envoyer des informations déjà avancées dans mes écrits antérieurs. J’éprouvais du mal à me verser dans la redite pratique qui ressemble au plagiat. De plus, au cours de l’exercice, je suis sollicité par d’autres aventures, d’autres lettres reçues qui nécessitaient une brève réponse puis des faits qu’il fallait commenter immédiatement.


Finalement, mon espoir de vous faire une réponse s’est évaporée avec la contamination de mes documents quand mon disque externe s’est désagrégé. Malade de culpabilité, je vous envois cette lettre pour vous signifier l’importance que j’accorde au débat national et mon respect pour les intéressés.  


Je ne compte pas dévoiler la teneur de ma première réponse ensevelie avec mes archives. Je me contente de partager avec vous quelques points déjà soulevés dans mes écrits antérieurs aussi bien que mes impressions sur la reconstruction.


Le séisme vient de boucler son second anniversaire, la presse nationale et internationale commencent à questionner la Reconstruction. Je crois que dans un avenir pas trop lointain, mes œuvres politiques seront au centre des discussions.


Il y a deux ans, mes lecteurs me qualifiaient de mégalomane, aujourd’hui, de visionnaire. Personne, avant moi, parmi nous du moins  possède ce don d’observation, cette capacité analytique et ce niveau de communication. Voyant que mes devanciers étaient de nobles farceurs, de grands mystificateurs, j’ai compris qu’il fallait corriger mes tares et mes défauts si je réclame une place dans l’histoire de la pensée nationale.


Je crois que les vertus sont un effet de justice intrinsèque, la volonté de se parfaire ou d’être meilleur par rapport aux anciennes générations ou l’actuelle. Je ne sais pas, mais c’est que toutes les bonnes familles haïtiennes ont enseigné à leurs membres l’art de se surpasser, en d’autres termes, l’émulation.  A chaque instant, j’imagine ma lignée,  des personnes auxquelles je ressemble mais dont j’ignore le nom et totalement l’existence. Si elles étaient méchantes, aujourd’hui, je serais un monstre. Je médite sur mon héritage spirituel : le droit chemin à suivre. Pour moi, c’est la plus grande foi, obéir à ce lointain passé. Maintenant, je dois léguer cet héritage à notre jeunesse, car la rupture au niveau de la transmission des valeurs est le facteur primordial  de notre déchéance.


Actuellement, le débat se porte sur la forme du sujet, mes écrits sur sa substance. En 2003, m’est venu l’idée de présenter un projet pour commémorer le Bicentenaire national. J’ai publié une proposition de réforme générale, un travail qui m’a pris cinq ans. Il fallait décanter le politique du social avant de plancher sur la problématique haïtienne. Cette tâche entraîne des considérations historiques, culturelles et géographiques.


Si l’urgence talonnent les bâtisseurs actuels,  la conscience fut mon unique guide. Je ne portais ni poids ne sentais non plus la tyrannie de l’échéance. J’ai produit une œuvre humaine quand mes vis-à-vis conçoivent une reconstruction tragique, une destruction morale.


Actuellement, il est impossible de mesurer, de déduire ou d’évaluer la chose. Ainsi, notre projet de reconstruction roule dans notre pensée comme du fantasme dans l’esprit d’un fou.


A mesure que les évidences s’accumulent, mes prédictions avérées, mes analyses justifiées, l’ardeur de m’imposer s’est refroidie, je me refuge dans une contemplation hostile.


On ne peut pas reconstruire sans un fondement social, un idéal ou une idéologie.

 


Rony Blain

New York 20 janvier 2012

Par RONY - Communauté : HAÏTI POSSIBLE
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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 20:50

Rony Blain 24 janvier 2012


Je suis surpris du nouveau Plan de la Ligue arabe pour la Syrie, prévoyant le transfert du pouvoir au vice président, formation d’un gouvernement d’union, suivis d’élections présidentielle et législative dans deux mois après l’adoption d’une nouvelle Constitution.

Mais en jetant un coup d’œil sur le profil des initiateurs du Plan, je constate qu’ils n’adhèrent pas à la démocratie; qu’ils transcendent les mêmes tares que le régime syrien.

Par exemple, l’Arabie saoudite qui appartient à la famille royale ne dispose d’aucune structure étatique. Tout se fait au gré et en fonction de cette famille.

Qu’arrivera-t-il aux sociétés si les policiers sont recrutés parmi les voleurs, les juges des criminels. Avant le brouillage technique, nous ferons face à la crise éthique, l’effondrement de la morale universelle.

Le monde moderne ressemble à une cave antique. Quelle est la mission des universités ? Comment l’histoire est-elle enseignée ? Finalement, qu’avons-nous fait de la somme de civilisation qui veuille en nous ?

Dépositaires des anciennes civilisations, les Moyens-orientaux sont plus civilisés que nous. Malheureusement, ayons pour guide gaucherie, égocentrisme, immoralité, nous compensons notre laideur par la violence faite sur autrui.

 

Les Arabes adoptent un plan de transfert du pouvoir en Syrie

 

Sources : L’Orient le jour 23 janvier 2012

http://www.lorientlejour.com/category/Moyen+Orient+et+Monde/article/741463/Les_Arabes_adoptent_un_plan_de_transfert_du_pouvoir_en_Syrie.html

Par RONY
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 20:14


 Linguiste Canada

 


Après avoir reçu votre article, LE SYSTÈME D’YVES DÉJEAN CONDUIT À L’IMPASSE, comme promis, je l’ai commenté à travers une lettre de neuf pages. Malheureusement, pendant la correction, mon disque externe s’est désagrégé me privant ainsi accès à tous mes documents.

 

J’ai passé plus de trois semaines à rédiger ce texte pour le rendre noble, impeccable, surprenant. Dirai-je, j’essayais de compenser la déchéance de notre société, la faillite de notre classe, la trahison de nos lettrés. Perfectionniste, je fus frappé du mal mystérieux qui ruine les entreprises haïtiennes, du politique au social.

 

Incapable de rédiger de nouveaux commentaires sur le sujet, je profite de cet inconvénient pour m’éloigner de l’écriture. En effet, j’avais besoin de répits, je suis trop impliqué dans les affaires haïtiennes. Les vicissitudes de notre politique, les détours de nos politiciens, les vices de nos concitoyens, les incohérences de nos lois m’invitent à de profondes observations et très peu d’actions.

 

Dans la présente, je refuse de me prononcer sur la “querelle du créole”, simplement je crois avoir tout dit dans ma lettre saisie. Mon seul regret, c’est qu’il ne sera pas possible pour moi de lire à la Capitale lors de mon prochain voyage les commentaires qui vous sont destinés dans la lettre perdue. Habituellement,  amis et voisins me réclament de nouveaux textes. Je me proposais de réunir mes connaissances à l’ombre d’un amandier, délectant du vin, de l’anisette et du crémas pour atténuer la saveur des arachides et de noisettes croquées en bavardant.

 

Le pays ignore les correspondances électroniques, le débat virtuel, la fonction de nos intellectuels à l’étranger. Nos bonnes intentions, nos élans positifs, nos pratiques humaines, tout se perd dans l’indifférence absolue, entretemps le populisme gangrène la nation.

 

En effet, j’ai réduit mes activités sur le Net en fermant tous mes comptes incluant Facebook et Twitter. La décision fut prise une semaine après mes vacances au pays.

 

A mon avis, il faut placer le débat à proximité de l’audience nationale. Autrefois, chez nous, les discussions se faisaient sous les galeries des quartiers. Le mouvement s’est affaibli près de cinquante ans avec l’interdiction des rassemblements furent.

 

Revenons à mon disque externe. Faire venir un technicien pour récupérer mes documents contaminés n’y changera rien. Je suis très pessimisme. Presque tous mes équipements sont en panne, ordinateur, imprimant aussi bien qu’un autre disque externe contenant neufs manuscrits et plus deux cent cinquante articles.

 

J’ai l’impression que ma personne même est en panne. Et, en jetant un coup d’œil autour de moi, je vois déluge, désastre, désolation.

 

Pour conclure, les palabres s’apparentent à la faiblesse. Le débat national, intense ou silencieux doit se déboucher sur des actions concrètes.

 

Rony Blain

New York, 11 janvier 2012

 

 

Par RONY - Communauté : HAÏTI POSSIBLE
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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 20:13

 

 

Bon anniversaire www.artunivers.org

1999-2011

Que ce nouveau printemps exalte de nouvelles gerbes
Par RONY
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