Samedi 26 mars 2011 6 26 /03 /Mars /2011 01:55

Rony Blain 23 mars 2011

En attaquant la Libye, les occidentaux essaient de compenser ce qu’ils ont perdu dans le monde arabe. On dirait que le conflit Libyen les introduit à nouveau dans cette partie du monde. S’ils ont intervenu pour protéger la population civile, ils auraient dû appliquer ce principe dans le dossier palestinien ou pour éviter les contestations sanglantes qui agitent la rue arabe. En identifiant leurs intérêts, les occidentaux alimentent la vague anti-impérialiste laquelle va déboucher sur le terrorisme absolu, une lutte intense et intensive incluant enlèvement de touristes occidentaux, missions kamikazes dans les Capitales européennes, sabotage des établissements internationaux. À cette radicalisation, c’est-à-dire le terrorisme absolu, quel sera le comportement du citoyen occidental quand il respire la peur de Jérusalem?

Une dizaine de nations européennes ont attaqué un pays arabe. Personne ne peut expliquer la cause de ce harcèlement. Obsédées, ces nations ignorent volontairement les capacités de nuisances de la partie adverse ni penser à la sécurité de leurs citoyens. Dans les années soixante-dix, Tripoli n’était-il pas la Capitale de l’extrémisme mondial, quand tout avion détourné atterrissait dans cette ville.

Si l’attentat de Lockerbie ressemble à un ticket pour l’enfer, les bombardements de Barcelone et de Londre s’assimilent  aux Jeux olympiques de la terreur.

Le terrorisme ne chôme pas car il a démontré ses capacités à contourner la sécurité des aéroports. Entretemps, il impose ses conditions aux voyageurs internationaux, des règlements que les gouvernements sont tenus d’appliquer. Avant de monter dans l’avion, nous  enlevons  chaussures, ceinture, portefeuille, lunettes en s’attendant à ce que certains objets contenus dans notre sac soient confisqués. En cas d’alerte, les avions sont cloués au sol pendant des heures, en vol, atterrissent à l’aéroport le plus proche. Bientôt, serons-nous capables de voyager par les airs? A quoi ressemblera le monde si le terrorisme attaque New York, Paris, Londre, Berlin, Rome à la même heure?

Le bombardement de la Libye donne une nouvelle dimension au Printemps arabe. L’Occident représente l’ennemi commun. En vinq-quatre heures, ils mobilisent une douzaine de bataillons, une infinité d’engins tuant sans discrimination. Les pays de la coalition vont faire face à la prolifération du terrorisme en disséminant les bactéries de la terreur. L’OTAN, L’ONU, Le Tribunal international sont tous des institutions coloniales créées pour opprimer les petites nations et protéger l’intérêts des grands. Personnes, même les secrétaires ne peuvent nous dire de quel principe découle la juridiction de ces institutions.

Génocidaires, les occidentaux ne disposent nulle autorité morale pour intervenir au nom de l’humanitaire dans aucun conflit. S’ils ont déporté cent millions d’Africains, qui allaient  travailler gratis pour eux pendant des siècles, la moitié des otages est périe au cours de la traversée. On se souvient de Vietnam, Hiroshima, Irak, Afghanistan, Palestine. Mais, massacrés, expropriés, exploités, les indiens d’Amérique du Nord vivent aujourd’hui dans les réserves.

Après l’argument des armes de destruction massive, maintenant, les vétérans de la Guerre d’opium, les auteurs d’Hiroshima, les assassins d’Allende, ces anciennes nations négrières sautent au secours des civils libyens, armés de fusils, de lance roquette, de canons anti-aériens, de chars et d’avions.

L’Aube de l’odyssée s’apparente à l’Opération condor au cours duquel Allende, le président chilien fut assassiné. Mais, cette fois, Mouammar Kadhafi, le bailleur de fonds de Nicolas Sarkozy, le président français a échappé à l’attentat.

L’Homme n’a pour guide que l’Histoire quand toutes nos entreprises finissent par tomber en ruine. Et, tous les Goliath ont fini par s’effondrer sur leurs genoux.

J’ai peur que ces bombardements n’initient un cycle de violence dont les responsables ne pourront arrêter. L’intervention militaire occidentale en Libye sera suivie de possibles représailles lesquelles provoqueront peut-être l’automne occidental.

 

 

Par RONY
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Samedi 19 mars 2011 6 19 /03 /Mars /2011 00:00

Rony Blain 16 mars 2011

 

Commentant le rapide succès des troupes loyalistes sur les insurgés libyens, dans son article La défaite d’Ajdabiya sonne le glas de la révolution libyenne, Adrien jaulmes déclare que “Le printemps arabe s'est peut-être achevé mardi à Ajdabiya.” Puisque le Monde arabe est traversé par de courants contradictoires, je prédis que le printemps arabe est appelé à jeter plusieurs variétés de fleurs. Le mouvement connaîtra des vicissitudes avant de converger vers les mêmes causes, celles qui l’ont engendré.

Le Monde arabe pivote autour de deux axes, régional et international, une stratégie de survie à double facette, en commerçant avec les occidentaux tout en restant fidèle à la ligne de politique régionale. Ce qui fait dire que le Monde arabe  trône des régimes modérés et des gouvernements extrémistes.  

Les occidentaux veulent contrôler ce réservoir de pétrole, âme de l’industrie moderne, avec la possibilité de barrer la route à la Chine et l’Inde, candidats à la première place de l’économie mondiale. Pour se faire, les occidentaux proposaient à Saddam Hussein, le président irakien d’envahir le Koweït, acte qui entraîna la déstabilisation régionale. Finalement, ils ont érigé des bases en Arabie Saoudite et au Koweït, placé le Centcom, leur quartier général en Oman, renversé le dictateur irakien puis font mouiller la cinquième flotte au Quatar.

Le printemps arabe a pris tout le monde par surprise quand toutes les monarchies et les autocraties sont secouées par la tempête révolutionnaire. Jusqu’ici, les confrontations épousent des spécificités nationales, c’est-à-dire, historique, environnementale, diplomatique et sociale. Si des mouvements pacifistes ont emporté le règne de Hosni Moubarak et de Ben Ali en Égypte et en Tunisie, en Libye, l’insurrection a pris l’allure d’affrontement armé, voire de guerre civile.

Pessimiste, Adrien jaulmes croit que la prise d’Ajdabiya, ville qui sépare les troupes loyalistes de Benghazi, la Capitale de l’insurrection marque un tragique tournant au  “printemps arabe”, possibilité pour les peuples de la régions de s’affranchir du despotisme.

Dans son cheminement, le “printemps arabe” s’achoppe à des obstacles multiples mais se concentre sur des revendications essentielles à savoir : l’immunité politique d’Israël, l’érection des bases américaines, le soutien occidentale aux autocrates régionaux.

Dans cet ordre d’idée, non seulement la révolution arabe vit une phase critique, quand les contestataires sont devenus de simples observateurs, contemplant une transition qui les échappe, en outre la rue a œuvré mais la structure totalitaire a survécu à travers les forces de sécurité et la bureaucratie. Échappée au contrôle de la rue, cette transition peut engendrer de fausses élections; un cercle vicieux.

Dans cet univers hypothétique, si Mouammar Kadhafi, le dirigeant libyen ait survécu le complot occidental qui vise à le renverser, il deviendrait le phare de la rue arabe quand il aurait rivalisé avec Gamal Nasser, héros de la première révolution égyptienne. Notez bien que le Guide libyen n’est pas un produit occidental, il a accédé au pouvoir par ses propres moyens. Il se compte parmi les rares dirigeants arabes qui ne reçoivent l’ordre des Capitales occidentales. Cela représente un acquis et des atouts pour le printemps arabe. L’impérialisme occidental est vaincu, l’une des revendications de la rue arabe. Les insurgés renforcent la légitimité révolutionnaire de Kadhafi en faisant appel aux armées coloniales, situation qui échappe aux rebelles.

La Libye se dirige vers une double révolution quand elle aurait consolidé l’axe syro-iranien. C’est dans ce paramètre, qu’il faut situer le “printemps arabe”, un heureux agencement du traditionalisme au modernisme. Le dosage dépendra des spécificités locales, des réformes épousant l’âme nationale.

La rue arabe, groupe de jeunes activistes ignorent tout du modernisme. Facebook, leur pamphlet n’est plus en mesure de les guider, car le monde occidental est aussi en déconfiture. Un coup d’œil sur les blogs annonce déjà le printemps européen.

Le printemps arabe sera lent, problématique et sarcastique. Personne n’est en mesure de brosser le tableau géopolitique. Un retour à la source est envisageable, quand les noms de Gamal Nasser, Saddam Hussein, Mustafa Kemal, Yasser Arafat, Mossavi Khomeini et d’autres notables referont surface.

Mais, les pays comme la Russie, la Chine, l’Inde, la Corée du Nord vont jouer un rôle important dans le devenir du Nouveau Moyen-Orient.

Les contradictions du printemps arabe s’assimilent à une gerbe de roses agrémentée de ronces.

 

 

RÉFÉRENCES:

La défaite d'Ajdabiya sonne le glas de la révolution libyenne

 Adrien Jaulmes 15/03/2011

http://www.lefigaro.fr/international/2011/03/15/01003-20110315ARTFIG00656-la-defaite-d-ajdabiya-sonne-le-glas-de-la-revolution-libyenne.php

Par RONY - Communauté : HAÏTI POSSIBLE
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Mardi 15 mars 2011 2 15 /03 /Mars /2011 00:37

 

Rony Blain 12 mars 2011

Pour le second tour présidentiel, deux camps se déchirent, les intellectuels appuient la candidature de Mirlande Manigat, les masses, celle de Michel Martelly. Par exemple, dans un récent article, Jean Éric René déclare que « Mirlande Manigat est notre planche de salut ». Il faut se demander pourquoi une élection s’apparente-t-elle à une crise politique ?

Dans un système démocratique, les élections entérinent l’avènement ou le départ des élus, permettant ainsi à la direction politique nationale de se renouveler en cadre et en programme. Avant le processus, les candidats promettent de se concentrer sur des dossiers épineux ou plancher sur des solutions attendues.

En Haïti, le cheminement démocratique entraîne des bouleversements voire des destructions. En effet, de 1957, date à laquelle a été organisées les premières élections directes, à nos jours, le processus n’engendre que des dictatures rétrogrades et des régimes vulgaires. C’est dans ce contexte  que Jean Éric René croit que « Mirlande Manigat est notre planche de salut », cette femme qui par sa formation serait capable de renverser la situation.

Éric René avance six points pour échafauder le machin qu’il appelle « planche de salut ». Je me contente de commenter quelques uns d’entre eux, ceux qui choquent mon entendement. L’agronome croit que Mirelande « incarne l’Espoir de la Classe Intellectuelle Haïtienne vilipendée durant ces 25 dernières années. » parce qu’ « Elle est plus potable pour la Bourgeoisie haïtienne que le populisme dévastateur annoncé par les cris de certains candidats aigris. »

La question est mal posée, ainsi les assertions de Monsieur René sont purement aléatoires. Par exemple en 1991, dans une situation pareille, le pays a élu Jean Bertrand Aristide. Par la suite, l’ancien vicaire de Saint Jean Bosco, a tué prêtre, médecin, avocat, enseignant, étudiant, politicien. Il a réitéré les erreurs passés, en épousant le profil des dictateurs précédents. Parlant sept langues, il creva les yeux, cassa les bras, arracha les cœurs. Le viol et l’enlèvement représentaient ses armes de prédilection. En Haïti, même la sainteté est abominable.

Renversé en 2004, l’ami des pauvre fut remplacé par Gérard Latortue, défenseur de la technocratie. Sa gestion fut catastrophique, ce cadre des Nations Unies s’est révélé le plus sale voleur qu'a produit notre pays.

Parmi les douze candidats à la présidence, Mirlande Manigat n’est pas le plus compétant. Elle est le plus tonitruant en se faisant passer pour constitutionnaliste et légaliste, talent qu’elle n’a jamais mis à la disposition du pays à son retour d’exil en 1986. Elle s’est contentée de vils compromis, ses menées coutumières, ses détours favoris. René Préval n’aurait pas achevé son mandat jusqu’à le prolonger, si le candidat de RDNP ne l’avait pas appuyé inconditionnellement dans ses délires totalitaires.

L’intellectualité haïtienne est un charlatanisme paré de couleurs mal agencées. En effet, après deux cents ans d’indépendance, qu’est-ce que l’intellectuel haïtien a produit ?

Depuis ma naissance, je n’ai jamais vu la classe haïtienne à l’œuvre. Incapable d’inventer, elle rumine ses prétentions. Antérieurement, j’ai dénoncé la démission de nos lettrés, ceux qui ne comprennent pas ce qu’ils lisent et rédigent. Les Blogs montrent qu’on acclame les textes incohérents, méprise les articles excellents.

La Classe intellectuelle dont parle Monsieur René transcende des carences académiques scandaleuses. Certains de nos intellectuels qui proviennent de sections rurales où il n’y a pas école ont finalement décroché des doctorats. D’autres représentent les premiers lettrés de familles analphabètes. Sans oublier des cadres originaires de villes de province qui ignorent totalement la scène politique nationale, confinée à la Capitale. Certes, ceux qui sont formés dans les universités occidentales n’ont rien à donner ni à envier, parce qu’ils jouissent de grands privilégiés au village des bossus. Ce tableau montre que la Classe intellectuelle est fissurée de contradictions graves lesquelles l’empêchent de constituer un front commun ou parler d’une seule voix. Pour les raisons citées, les discours politiques se tiennent hors du cadre de changement, mais dans le désert.

Sans mesurer la portée de ses propos, Jean Éric René voit dans une possible investiture de Mirlande Manigat la monté de la Bourgeoisie ? Pour ses connotations politiques, l’usage de ce terme est quasiment banni du débat national.

Jusqu’en 1946, la Bourgeois s’apparentait aux  mulâtres, car la couleur de la peau s’assimilait à la riche et au statut social, bien que les cinq pour cent des mulâtres accaparaient la richesse nationale, allaient étudier en France. Mais après cette date, la Bourgeoisie noire a repris les rênes du pouvoir pour produire le gâchis que nous connaissons tous. Même quand je milite pour l’élitisme, prône un embourgeoisement poussé, je refuse de faire le jeu des opportunistes, des gens qui réclament des privilèges au nom de leur appartenance sociale : une autre forme de clientélisme.

Après avoir lancé l’Alphabétisation politique, j’avoue qu’il est impossible d’ouvrir le chantier national et d’œuvrer pour la cause haïtienne en pratiquant l’idolâtrie politique, croyant que tel  ou tel candidat représente le salut de la nation. Mes propositions de  rectification politique, ne se limitent pas à l’institutionnalisation, il a été recommandé d’empêcher l’avènement des kleptomanes, des indésirables, des criminels, des paysans, des fils-de-rien à la magistrature suprême pour éviter de douloureuses surprises. Mais, quand nous avons passé notre vie à saboter, à boycotter, il est impossible de redresser la barque nationale à un mois des élections.

Finalement, seule la force peut changer ce pays : pluie quotidienne, inondation hebdomadaire, cyclone annuel, séisme quinquennal. Les désastres périodiques, nous apprendront les principes de la survie : l’invention, la discipline, la coopération, l’humanisme et le respect des valeurs.

Victimes de notre vanité, nous ne devons pas avoir honte d’avoir Michel Martelly, ancien roi de carnaval pour président car nous sommes un peuple de comédiens.

Messieurs ! ayez le courage d’accepter  votre verdict, pour le cordage de traîtrise façonné, l’échafaud de trahison érigé.

 

Par RONY - Communauté : HAÏTI POSSIBLE
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Mardi 8 mars 2011 2 08 /03 /Mars /2011 00:54

 

Rony Blain 1 mars 2011

La Libye se situe entre l’Égypte et la Tunisie, pays qui viennent d’être secoués par des révolutions du Nil et de Jasmin. Aujourd’hui, le peuple tunisien continue de démanteler pacifiquement les vestiges du totalitarisme, tandis que les Égyptiens suivent attentivement le cheminement de la transition.  La Libye a intenté un coup, une révolte armée qui a embrasé plus de la moitié du pays, déchue depuis lors dans le camp des insurgés. Avec le temps, les forces loyales à Mouammar Kadhafi qui s’étaient repliées à la Capitale viennent de lancer la contre-offensive. L’intrépidité avec laquelle les Capitales occidentales, l’ONU, l’Union européenne et le Tribunal international ont réagi, en gelant les comptes bancaires du dictateur, en interdisant à sa famille et ses proches collaborateurs de voyager dans certains pays, en imposant un embargo sur des ventes d’armes  à cette nation, en quadrillant les côtes libyennes de navires de guerre, l’ensemble des mesures prises déboucheront sur la plus grande crise diplomatique de l’histoire si Kadhafi arrive à seoir son régime à nouveau : le dilemme kadhafien.

Assis sur des nappes de pétrole, le monde arabe représente depuis toujours un baril de poudre. Aussi, les courants révolutionnaires qui balayent cette région épousent des spécificités nationales. Clients des monarchies du golfe, les Occidentaux qui ne savent pas comment satisfaire les revendications de la rue arabe, s’alignent immédiatement avec les insurgés libyens, sacrifice expiatoire, acte compensant le recul subi dans la région.

L’odeur du pétrole attire les fauves. Dès le début des hostilités, la presse occidentale allume sa propre guerre en émettant des bulletins imaginaires. Dans un premier temps, on a fait croire que la milice de Kadhafi massacrait des civils. Il fallait attendre près d’une semaine pour comprendre qu’il s’agit d’une rébellion armée. Chose curieuse, les satellites restent muets sur le déroulement des opérations.

Malgré l’intensité des combats, personne n’a vu de tapis de bombes tombés du ciel ni des colonnes de blindés crachant le tonnerre. Les convois de voitures d’insurgés circulent sur les routes sans avoir à craindre l’aviation adverse. Semblent-il que les deux camps évitent des affrontements sanglants et misent sur l’intimidation.

Finalement, on se demande pourquoi les manifestations en faveur de l’opposition ne se tiennent pas dans les villes conquises ?

À cette question, je crois avoir la bonne réponse. La Libye est minée par une guerre clanique, les parties en conflit ne cherchent pas de victoire militaire mais un triomphe politique. L’oppositions ne revendique pas la démocratie, réclame seulement le départ de Kadhafi, tout en conservant l’actuel système, le tribalisme politique. Qui peut-nous citer les trois premiers points de l’agenda politique de l’opposition libyenne ?

Ainsi, la Libye est devenue l’épicentre de la révolution arabe quand la lutte a pris des dimensions politique, diplomatique et militaire. Le tribalisme politique libyen, le Jamahiriya modèle sur lequel l’administration publique, les services publics, l’armée et l’économie étaient édifiés s’est totalement désintégré. L’agressivité et la rapidité des occidentaux à trancher en faveur de simples insurgés pas le peuple libyen démontre la partialité des Européens sur la scène internationale investie de crises ignorées. En effet, si le monde contemple les génocides palestinien, irakien et afghan, entretemps la Côte d’Ivoire est plongée dans la guerre civile. Pour les raisons citées, certains observateurs prédisent que la Libye va devenir le tombeau de la diplomatie occidentale.

Par cette victoire, Kadhafi se serait constellé aux yeux de la rue arabe aussi bien de ses détracteurs. D’un côté, le dilemme kadhafien se définit par la confusion que le dictateur a jeté dans le camp occidental lequel sera obligé de traiter avec lui après la fin des hostilités. D’un autre côté, les jeunes vainqueurs des dictatures arabes seront obligés de prendre ce dictateur éloigné pour référence dans leur lutte contre l’influence occidentale. Ainsi, la moisson révolutionnaire arabe se cristallise en la personne du Guide de la révolution verte, grossière contradiction, vils compromis.

Sans une nouvelle politique, les révolutions ne pourront pas venir à bout de la problématique arabe. En avançant sur les sentiers la démocratie et la modernité, il faut aussi fuir, les vieux démons, en l’occurrence, l’impérialisme occidental. Jusqu’ici, les nations libérées, se sont contentées d’évincer des régiments pro-occidentaux, mais n’ont pas encore entrepris la désoccidentalisation politique. Elles restent attentives aux nouvelles parvenues des fronts libyens, gerbe de contradictions : admirer le dictateur qui affronte le monde tandis qu’elles viennent de reverser les marionnettes occidentales qui les opprimaient.

La situation libyenne est entachée de contradictions, pays qui affronte l’Europe pendant qu’il est acculé par le courant révolutionnaire du Moyen-Orient : la double-révolution.

Dans une semaine ou deux la victoire sera décisive pour les deux camps. Le spectre de l’invasion occidentale ou les gesticulations disproportionnées favoriseront un camp. D’un autre côté, la famine, la fatigue, les destructions stratégiques, les mauvaises improvisations annonceront la fin des hostilités.

Le syndrome Kadhafi va affecter les révolutions en cours voire l’avenir même du Moyen-Orient si l’Iran, la Syrie et La Lybie nouent le cordon d’un nouvel axe : la période post-impérialiste. Aujourd’hui, l’avenir de la diplomatie occidentale se joue dans le dessert libyen.

 

Par RONY - Communauté : HAÏTI POSSIBLE
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Samedi 19 février 2011 6 19 /02 /Fév /2011 20:33

Comptable

 

New York le 3 février 2011

Cher Grégory,

Récemment, tu m’as posé des questions sur mes activités politiques, sur la situation du pays et mes contributions à la solution haïtienne, tout en faisant remarquer l’importance d’un nouveau leadership national.

Actuellement, je travaille sur trois projets à savoir l’émergence de la Nouvelle opposition nationale, l’Intronisation des réformes générales et les Interventions quotidiennes sur le Net à travers des articles et des lettres.

Si ces projets présentent des caractéristiques communes dans la mesure qu’ils tombent dans le contexte politique, cependant chacun d’eux nécessite des approches différentes.

*

La Nouvelle opposition nationale propose de nouvelles stratégies dans la lutte pour le changement. En outre, nous essayons de réunir les nationalistes autour d’un principe moteur, en épurant leurs rangs d’agents pathogènes et d’éléments rétrogrades, tout en proposant des critères d’admission, antidotes aux dérives traditionnelles : le populisme putride.

Pour produire le changement, il faut réviser notre système politique, dénoncer ses failles, rectifier ses contradictions. A mon avis, il est impossible de lancer le Développement ou d’initier la Reconstruction si le train de la nation est déraillé.

Certainement, nous vivons une situation de blocage. Perdant la notion du temps et d’espace, tout s’effondre autour de nous, même les fracas nous laissent indifférents.

Malheureusement, la scène nationale se moque des tendances novatrices. Un quart de notre électorat croit dans les élections, arbres stériles, ronces cruelles tandis que la majorité de nos concitoyens veillent dans un silence complice.

Les Haïtiens sont des anormaux, souffrant de sévices cycloniques, épidémiques et totalitaires. Il est impossible de leur faire changer de perceptions. N’oublie pas qu’on s’adresse à des malades, pour qui la douleur est devenue la raison de vivre.

Tu n’as qu’à jeter un coup d’œil sur le Net pour évaluer le niveau d’engagement et la fréquence de participation de nos concitoyens. Moi, je me suis buté sur cet escalier à trois marches : Ignorance, Indifférence, Intransigeance. On dirait que le débat national serait devenu un championnat de farces.

Les nouveaux critères proposés par la Nouvelle opposition nationale devraient être enseignés à travers des séminaires et sur les ondes, pour permettre une assimilation intelligente. Malheureusement, je ne suis pas en mesure de concevoir des textes, pour ensuite les enseigner. Une autre entité devrait assurer le suivi.

De plus, Haïti souffre d’un problème de classe. Au cours des cinquante dernières années, les anciennes familles se sont désintégrées, les nobles citoyens et nos meilleurs cadres se sont expatriés. Malheureusement, ces fuyards ont trahi la cause nationale et renient leurs origines. Nos actuels privilégiés, sont des citoyens totalement dépourvus, obstacles au changement.

Ceux qui veulent le changement doivent contribuer à son avènement, par des actes concrets, car les beaux discours engendrent d’inutiles palabres.

*

Maintenant, laissant l’activité citoyenne pour aborder l’institutionnalisation. La Réforme générale est immense et problématique. Cette transformation globale inclut des réformes agraire, académique, judiciaire, sécuritaire, administrative, économique, sans oublier la décentralisation politique.

Imagine tous nos travailleurs haïtiens, tous nos cultivateurs souscrivent à des associations syndicales respectives, paient des taxes reçoivent des subventions. Imagine un système académique et sanitaire universel adoptant les standards occidentaux. L’institutionnalisation vise la transformation sociale par la mise en valeur du capital humain. Les actuels architectes de la Reconstruction nationale sont-ils en mesure de faire ses considérations en dégageant l’aspect idéologique de l’entreprise ?

En effet, depuis 2007, je préconise l’avènement d’un gouvernement provisoire dont la mission serait de rectifier nos contradictions politiques avant d’introniser les Réformes. Malheureusement, notre capacité d’adaptation nous empêche d’identifier les obstacles ou de les contourner.

Les élections accentuent la crise de gouvernabilité, nous nous contentons de légitimer le fiasco, le chaos et les démons qu’ils entraînent. Pour laisser ce cercle vicieux notre premier devoir est de rompre avec la tradition, le deuxième, parrainer l’innovation.

Malheureusement, mes concitoyens sont perdus dans des considérations erronées, fantaisistes, sentimentales. Plongé dans l’hébétude, l’Haïtien flotte comme un poids mort à la surface du marécage de la douleur. Les esprits nagent dans l’irrationalité comme les canards dans la mare. Dans notre société, les victimes s’assimilent aux coupables. Nous allons élire bientôt, un ancien roi de carnaval, ainsi Haïti va devenir la République des latrines.

J’ai en face de moi, un peuple maudit, qui ne se laisse pas mener, mais qui se fait malmener. Célèbre pour sa misère, il attend le carnaval funèbre pour suivre les convois de cris.

La situation est plus complexe qu’elle n’en paraît, le blocage, le refus, l’échec règnent dans notre personne, coule comme le sang dans nos veines, ruissèle comme l’oxygène dans notre souffle. Ainsi, au lieu d’accuser nos dirigeants, je questionne notre communauté qui les produit, qui les nourrit, qui les tolère.

Nous sommes un peuple de tambour, une nation de bambou, une société de carnaval, nous devons souffrir davantage avant de pouvoir apprécier les délices de la civilisation.

*

Finalement, dans cette situation de blocage où l’échec est inévitable, l’affront irréparable, j’en profite pour  répondre à mes rares lecteurs et commenter les rares articles qui me paraissent intéressants. Par cette pratique, je garde contact avec la réalité, revois mes calculs avec l’évolution de la situation.

Au sujet de la gestion politique, point mentionné dans ton second courrier, je crois que le leadership puise sa consistance dans le collectif quand le meneur transcende les aspirations communes.

Déshumanisés, nous avons perdu des notions de progrès et de grandeur. Nous nous attachons beaucoup plus au désespoir qu’à l’espoir. Pour produire le changement, il faut extraire le pays des bas-fonds où il s’est précipité puis l’aider à se tenir debout comme un être humain pour pouvoir gravir la pente des défis quotidiens.

Le changement comporte deux volets : théorique et pratique. J’ai déjà traité l’aspect théorique en proposant une Réforme générale. Mais puisque mes concitoyens ne croient plus à rien, il est difficile de prêcher la bonne nouvelle dans un milieu négatif, aride et défoncé.

Les conditions qui devraient conduire à l’émergence d’un nouveau leadership national ne sont pas réunies. Il faut une prise de conscience générale, une tendance progressiste, une pousse ascendante.

Le leader le plus habile ne peut pas enlever l’échec de l’Haïtien, l’Haïtien de l’échec.

Autrement, nous ne pouvons que constater nos frères engloutis par les inondations, broyés par les séismes, piqués par les épidémies. Malgré sa sagesse et son courage,  le nouveau leader ne peut rien contre la nature humaine, nid de mauvaise foi, tombeau de douleur.

Chez nous, on éprouve du mal à identifier les secteurs, leurs fonctions et leurs revendications. On a l’impression d’être perdu entre les tentes d’un groupe de nomades : les réfugiés d’aujourd’hui et les exilés de demain.

Le changement politique nécessite l’appui d’une classe sociale. C'est-à-dire, les bénéficiaires doivent s’y adhérer pour enfanter une nouvelle société.

Depuis plus d’une cinquantaine d’années, on combat l’élitisme chez nous pour imposer l’obscurantisme. Aujourd’hui, notre système politique s’assimile à une « dictature prolétarienne », laquelle se traduit par la prostitution des valeurs, la chute des institutions et l’avènement des indésirables. Les arrières cours de Port-au-Prince ont perdu leurs cuisinières et leurs jardiniers d’autrefois, lesquels siègent aujourd’hui au niveau des trois pouvoirs.

En m’attribuant le titre de « père des sciences politiques haïtiennes j’attire l’attention de nos lettrés sur l’usage du savoir dans la crise nationale. Nos intellectuels œuvrent comme des moulins, sans tenir compte d’une méthodologie appropriée. J’argue qu’il faut une sociologie, une psychologie comme il existe une musique ou une peinture haïtienne. La crise nationale émane d’une carence académique. Puisqu’il n’existe ni paramètre ni référence, on a l’impression d’errer dans l’univers des maux.

Comme la mer se déferle, comme les montagnes s’effritent, l’histoire évolue indépendamment de la volonté humaine. Un jour viendra, le changement prendra l’allure d’une nécessité historique, quand la force des choses nous l’aurait imposé.

Malgré les obstacles visibles et les échecs connus, je promets de planter l’étendard de la victoire nationale au pied du palmier de la nouvelle révolution haïtienne.

 

 

New York, le 25 janvier 2011

 

Salut Rony.


Comment sont tes activités politiques, est-ce encore dans tes plans? Comment vois-tu la situation politique en Haïti? Que comptes-tu faire pour remédier à la situation ?

A bientôt!

Gregory Desmarattes

New York, le 1 février 2011

 

Salut Rony.

 

Tu as tout a fait raison Rony! Tu peux bien t'attribuer le titre de “père des sciences politiques haïtiennes”, car je n'ai jamais vu avant un Haïtien traiter les problèmes du pays comme tu l'as présentés.

Maintenant, je pense que
Haïti a besoin des gens comme toi, des éléments qui se positionnent pour éclairer la voie du peuple, en ce moment de grandes  confusions. Haïti a besoin d'un leader sérieux, compétant et méticuleux; un politicien chevronné et avide diplomate, pouvant réformer ct pays, cette nation en dérive.

Je sais que ton plan d'action fera grand bien à Haïti et aux Haïtiens qui ne font que rêver d'un avenir meilleur. La reconstruction d’Haïti sans une réforme général sera une simple perte de temps, car pris au cercle vicieux, les problèmes resteront les mêmes.

Haïti a besoin de toi mon ami!

A la prochaine.

Gregory

RÉFÉRENCES :

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