Rony Blain 1 novembre 2010
En 2005, au cours de la période pré-électorale, je me suis insurgé contre les agissements du Groupe 184. J’avais vu juste, c’était une bande de mystificateurs, des farceurs qui se croyaient être au dessus de la mêlée dans un pays où l’obscurantisme a broyé l’élitisme. Quelques jours avant les élections de cette année, le GRAHN, groupe d’experts haïtiens vivant au Québec, vient de publier « Construction d’une Haïti Nouvelle », un ouvrage collectif qui s’assimile au Nouveau contrat social du Groupe 184, non par la forme mais par le fond. Car, l’un complote à l’intérieur, l’autre grimace à l’extérieur.
« Construction d’une Haïti Nouvelle » symbolise la faillite de l’intelligentsia haïtienne, sa vision limitée, sa perception égocentrique et ses carences historiques.
En 2009, j’avais demandé à nos ressortissants de transformer leur salon en association politique. Mais qui va prendre au sérieux des experts, pardon, des bricoleurs émergés seulement au cours de la période post-sismique.
Comme preuve, je me réfère au passé de cette association haïtienne, ce groupe de tricheurs. Dans un premier temps, le GRAHM a publié un article dans le Devoir, organisé le Colloque historique de Montréal, invité des candidats haïtiens au Canada.
J’avais pris soin de commenter l’article publié dans le Devoir. Les auteurs, de nobles magouilleurs ont tenu un discours compatissant, parlant d’agriculture, d’économie, d’éducation et d’autres sujets chers à la Communauté internationale. Cette supercherie leur rapporte quelque avantage, ils ont bénéficié des fonds et hérité une audience.
Le Premier ministre haïtien a clôturé le Colloque de Montréal tandis que cinq autres membres du cabinet prenaient place dans l’assistance. Bénéficiant d’un siège au Conseil en charge de la reconstruction nationale, le GRAHM a récidivé en invitant Mirlande Manigat et Henry Backer à donner des conférences au Canada. En favorisant le retour des mulâtres au pouvoir, ces charlatans immolent la Révolution de 1946. A noter que ces grands révisionnistes, en l’occurrence, les membres du GRAHM n’ont jamais mis les pieds en Haïti. Soit le pays est trop sale ou bien ils sont trop propres.
Ces faits ont trahi les réelles intentions de nos experts montréalais, un groupe de pacotilleurs. Ils veulent lancer un « développement » sans « changement ». Ces opportunistes ne veulent qu’une chose, le partage du pouvoir, c’est-à-dire, la fin de la République.
Le GRAHM, une association de démagogues s’est buté sur les principes de base du changement national, tel que je le conçois. Quand je prône la rectification politique, il propose la continuité ; j’appuie l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants, il défend le traditionalisme en invitant dans son cénacle, des candidats qui respirent la corruption et qui pataugent dans l’incurie, oubliant l’accointance de ces derniers avec le pouvoir. Finalement, le changement est-il possible, si on ne tient pas compte de l’existence des éléments antagoniques de notre système politique, les contradictions qui le rongent de l’intérieur et qui le minent de l’extérieur ?
La problématique haïtienne réside dans nos pratiques séculaires. La nouvelle méthodologie du GRAHM, un DRAME au lieu de nous éloigner nous enfonce davantage dans le cercle vicieux. Ils se croient être modernes, ils sont primitifs, se croient être experts, sont débiles, se croient être lettrés, sont égocentriques, dans la mesure qu’ils n’ont pas su évoluer en dehors de la dimension haïtienne ni explorer les autres possibilités. Dans la mesure qu’ils ignorent sciemment les causes de nos malheurs, qu’ils nient la nécessité d’une Nouvelle orientation politique. Dans la mesure que leur effort représente un obstacle de plus sur la route du changement.
Opportuniste, Samuel Pierre, ingénieur qui n’a aucune compétence dans le domaine de la pensée et de l’écriture s’enorgueillit d’avoir créée une « nouvelle méthodologie » pour confronter la problématique haïtienne. Ce grand citoyen sans talent, s’est contenté de falsifier mon projet pour se créer une place au soleil. Une nouvelle méthodologie découle d’une nouvelle morale politique. Qu’en sait-il ?
La « Pathologie intellectuelles de nos lettrés » se justifient par l’arrogance académique du « Professeur Samuel Pierre, ing., Ph.D., Professeur titulaire à l'École Polytechnique de Montréal et titulaire d'une chaire de recherche industrielle. Chevalier de l'Ordre national du Québec, il est aussi Fellow de l'Institut canadien des ingénieurs et membre de l'Académie canadienne de génie. » Par contre ces distinctions ne l’empêchent pas d’être un éminent plagiaire.
Monsieur Pierre ne s’est pas exprimé sur la nouvelle méthodologie dont il réclame la paternité. Il se contente d’indiquer le nombre de pages que contient l’ouvrage, près de 700, ainsi que la « quantité » des collaborateurs, 120.
À mon humble avis, toute nouvelle méthodologie nécessite de nouvelles approches. Le GRAHM a réitéré les erreurs antérieures en allant se blottir dans les bras du gouvernement haïtien, ramassis de malpropres, de criminels et de voleurs. Cet acte reflète l’injustice, la lâcheté, la bassesse et le crétinisme.
Étymologiquement parlant, « une nouvelle méthodologie » s’éloigne de la pratique traditionnelle pour explorer d’autres possibilités. Conserver la direction actuelle du pays, ignorer l’efficacité d’une nouvelle orientation politique représente une erreur catastrophique, une entreprise absurde.
Ignorant le passé, nos experts montréalais ne font que ruiner le présent. Ils ont marché dans le sillage de Marc Bazin qui a servi les Duvalier ou Georges Anglade qui est venu à la rescousse du CNG.
Il est impossible à quiconque ignorant volontairement l’histoire de la pensée universelle, qui n’a point développé son écriture de postuler de nouvelles méthodologies. Cet exploit est possible seulement dans le milieu haïtien où la vantardise enrichit son client.
Comme le Nouveau contrat social, « Construire une nouvelle Haïti » sert de paravent aux desseins obscurs. Ces ferblantiers ont été payés pour chier des pages. En vérité, sans le Colloque de Montréal, un soutien inconditionnel à René Préval, le pays aurait pris une nouvelle direction.
J’ai porté la morale politique haïtienne à son plus haut niveau en créant une nouvelle forme de pensée et d’écriture. Simple coïncidence. Plus d’une vingtaine d’années, je me suis initié aux sciences politiques et à la philosophie. Mes études étaient plutôt orientées vers la perfection individuelle : l’ensemble des pratiques religieuses, académiques et sociales qui rendent l’individu meilleur. Je cherchais aussi l’équilibre intérieur. Dans mes pratiques, j’ai toujours rêvé de contribuer à l’évolution de la connaissance car le monde veille dans l’ignorance.
Après tant de recherches, il m’était facile de déduire la solution haïtienne de la crise nationale, en faisant une nouvelle approche, en proposant une nouvelle méthodologie. Finalement, je préconise l’Émergence de nouveaux dirigeants, une Nouvelle orientation politique, et l’Intronisation d’une réforme générale.
En l’an III avant notre ère, Aristote, un philosophe grecque avait étudié les Constitutions de son époque pour pouvoir se prononcer sur les crises politiques. Puisque notre charte ne nous met pas à l’abri des dérives politiques, je l’ai examiné ainsi que celui de plusieurs nations.
Finalement, je constate que la formule démocratique n’émane pas de la Constitution, elle-même, mais de l’ensemble des institutions nationales, et des mesures ont été prises pour éviter des situations antérieures, telle que, révolution, anarchie. Ainsi, la justice, l’intégration représentent la base de leur système social. Telle était la conclusion de l’examen des Constitutions occidentales. A noter que des pays, comme l’Angleterre ou Israël ne disposent pas de charte.
Nous autres avons hérité un système soldatesque, on sort d’une dictature pour tomber dans une autre, d’une mauvaise situation pour sombrer dans le pire : migration, anarchie, obscurantisme, sorcellerie, catastrophe naturelle, épidémie. Il est impossible de trouver la solution à nos problèmes sans connaître les causes qui les engendrent.
Depuis deux ans, j’ai remis mon travail à la nation. Je l’ai placé sur mon site, je l’ai présenté à la Capitale, en outre, un journaliste a commenté un aspect de l’ouvrage. J’ai remis des exemplaires à plusieurs agences de presse nationale aussi bien à des gouvernements étrangers. Finalement, j’ai lancé une campagne d’Alphabétisation politique en rédigeant des articles dans lesquels j’explique mon travail au public.
La Réforme générale dont je propose nécessite une infinité d’arrangements, laquelle permettra aux différents éléments administratifs de s’articuler en proposant un ordre prioritaire. Cette trouvaille émerge après de sérieuses considérations historiques en tenant compte de la mentalité haïtienne.
Pour avoir coulé tant de sueurs, je me permets de dire que j’ai confronté la problématique haïtienne par une « nouvelle méthodologie ».
Si mon Plan a échoué serait-ce pour deux raisons : je refuse de me souiller par le contact des personnalités douteuses mais aussi le changement est impossible sans un engagement formel de nos lettrés, sans l’entière participation citoyenne, sans un mouvement politique.
Unique dans l’histoire universelle, mon travail compense la carence méthodologie nationale.
Bientôt, la planète sera frappé d’un cataclysme politique. La démocratie américaine s’est dégénérée en ploutocratie ; le Président Brésilien a favorisé son successeur ; celui de l’Argentine s’est fait succédé par sa femme ; les Français les plus doués n’arrivent pas à se faire élire. J’adresse ces questions dans Le Guide de la réforme haïtienne en rectifiant notre système politique, faire de notre pays le creuset de la démocratie moderne.
Chef d’œuvre de l’irrationalité, « Construction d’une Haïti Nouvelle » représente un nouvel obstacle pour le changement, dans la mesure que l’ouvrage crée des distractions et un faux espoir pour le milieu populaire, par contre serait une arme redoutable entre les mains de l’oligarchie nationale. Le Gouvernement et Le Groupe de Bourdon vont s’en servir pour convaincre la Communauté internationale.
En convertissant le GRAHM, je trouve 120 kilogrammes d’ordure.
RÉFÉRENCES :
Grande anticipation à la veille du lancement de l'ouvrage du GRAHN sur la reconstruction d'Haïti
Interview réalisée par Nancy Roc, Montréal, le 26 octobre 2010.
Publié dans Le Nouvelliste, le 26 octobre 2010
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=85121