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Rony Blain 14 mai 2011
Contrairement à mes compatriotes souffrant d’amnésie politique, la date du 7 février 1986, funérailles de la dictature duvaliériste me sert de référence dans mes analyses politiques. En ce jour, j’ai connu une seconde naissance, voyant ce peuple révolté, piller les établissements commerciaux, démolir des édifices, bruler des voiture, assassiner leurs anciens bourreaux. Près de vingt-cinq ans plus tard, j’argue que la solution nationale réside dans le questionnement de la Révolution de 1986.
Cette Révolution s’est fourvoyée sur le chemin démocratique quand l’émotion l’emporte sur la raison. L’espoir a été poignardé, les promesses inhumées. Nous avons adopté la formule démocratique tout en sauvegardant les structures totalitaires. Finalement, les gouvernements élus ont le droit de piller, incendier, assassiner. Leurs atrocités sont justifiées par leur assise populaire: la voix du peuple est la voix de Dieu. Supercherie divine! Au lieu de renverser ces régimes, on a tendance à attendre la fin de leur mandat pour tomber dans le pire.
Ainsi, la lettre démocratique justifie le pillage du secteur public, les assassinats politiques, l’incurie administrative.
Chez nous, on n’étudie pas l’histoire, on ne comprend même pas le sujet. Le programme académique national a fait de nous des animaux académiques, remplis de prétentions, privés de bon sens. Ainsi, aliéné, le citoyen est perdu dans ses besoins immédiats, dégénérant en monstre de la nécessité. Cette pathologique activité semble être sans borne ni limite, même chez le plus fortuné ignorant qu’il a assez accumulé ou exploité autrui.
Ce matin même, Michel Martelly, le nouveau président de la République a prêté serment. Que nous réserve cette présidence?
Plus de quatre-vingt-dix pour cent des musiques gravées par Michel Martelly sont des interprétations. L’artiste s’est contenté de piller ses devanciers en s’appropriant des droits d’auteur. Comment une âme aussi malhonnête peut-elle concevoir le beau, le noble, le juste?
Finalement, les crises politiques nous conduisent aux querelles éthiques. La solution s’éloigne tandis que les difficultés se multiplient.
Connaissant les faits politiques qui jalonnent la scène nationale depuis 1987, suivant cette logique, je peux me prononcer aisément sur le futur quinquennat. Tout président haïtien ressemble à un ver qui grouille sur la charogne de la patrie. Les élections s’assimilent à des ronces qui produisent des méchants.
Les gouvernements démocratiques passent, le peuple trépasse. Connaissant la chanson, je refuse de baisse le bras ni accorder le moins de répits au camp adverse. Si le nouveau président est le pape de l’immoralité, sans éducation ni bons sens, il ne peut pas être différent de ses prédécesseurs.
Nous sommes bloqués dans un cercle vicieux pendant que notre chute s’accélère. Nous sommes mal représentés, mal dirigés, une réalité que j’ai mal à digérer, vu que je suis un personnage dénaturé, torturé par les situations contraires, chevauché par le refus absolu des faits.
Est-il possible de renverser la situation? L’Haïtien est mauvaise de nature, condamnant l’injustice, il renie la justice.
La misère nationale constitue un état d’imbécilité dans lequel on constate aucune noble invention non plus de bonnes intensions.
Oeuvre de caractère, le changement national doit se faire par la force, sans les lâches, car les Haïtiens n’ont pas besoin de pays mais de visas.
Notre nouveau modèle démocratique doit être un monument, un témoignage de reconnaissant envers nos ancêtres sans tenir compte du droit individuel. De plus, cette entreprise réclame “des rectifications politiques”, c’est-à-dire, la fin des “ contradictions politiques”, démarche visant à replacer la nation sur le chemin de l’histoire.
Mes propositions de réformes générales sont incontournables dans la recherche de solution nationale parce qu’elles symbolisent l’unique alternative, la seule sortie sur le développement social.